Le Magazine Musical

Volume #3 en kiosque le 5 septembre

août 26th, 2008 dans par Pascal B. | pas de commentaire »
Bonne nouvelle pour tous nos lecteurs : l’équipe de Volume est finalement rentrée de vacances. Elle est même rentrée depuis déjà une éternité et boucle actuellement le troisième numéro. En attendant de vous dresser sur papier le panorama des sorties et événements de la rentrée, et histoire de se souvenir une dernière fois de vacances en Italie, voici la petite playlist inutile des hits de l’été martelés par un auto-radio désespérément vissé sur la même station FM d’une Fiat Panda, par ordre décroissant de rotation.

 

 

 

 

 

COLDPLAY Violet Hill

 

 

SANTOGOLD L.E.S. Artistes

 

 KATY PERRY I Kissed a Girl

 

HERCULES & LOVE AFFAIR Blind

 

MADCON Beggin

Tant pis pour les boulets de l’été, on leur préfère haut la main le Beggin de PILOOSKI

 

ESTELLE FT. KANYE WEST American Boy

 

JASON MRAZ - et là on dit non. Le tiédasse Jason ne mérite pas qu’on s’attarde sur son cas et qu’on doive supporter ses mièvres chansons. Sous le cagnard italien, oui. En plein retour dans cette frénétique rentrée pré-automnale, non.

 

Avec son plein de d’infos utiles et de playlists inutiles, Volume #3 vous attend en kiosque dès le vendredi 5 septembre et sur le stand des Inrockuptibles au festival Rock en Seine les 28 et 29 juin.

Volume #2 en kiosque vendredi 11 juillet

juillet 9th, 2008 dans par Pascal B. | 4 Commentaire »

ça y est, Volume #2 est en boîte et même déjà arrivé dans certaines boîtes aux lettres. Cette fois l’imprimante a tenu mais la sueur a de nouveau perlé sur les fronts des Volumeux. Et pas uniquement parce que la clim n’a pas été prévue dans nos bureaux.

Pour fêter cette naissance, juste un aperçu d’une géniale réédition qui est d’ores et déjà le compagnon obligatoire des vacances. Il s’appelle Rodriguez, Sixto du surnom que ses parents lui ont donné - car il était le sixième de leurs enfants - et ceux qui connaissent ce hit Sugar Man savent de quoi ça parle : “silver magic ships you carry, jumpers, coke, sweet Mary Jane” - pas besoin de faire un dessin. Né à Detroit, Rodriguez est emblématique de ce moment charnière des décennies 60 et 70, quand le psychédelisme mourait à petit feu mais s’infiltrait de façon insidieuse dans la pop, le funk et la soul.

Son premier album paru en 1970, Cold Fact, démarre par ce formidable morceau que David Holmes avait déjà exhumé sur un de ses mixes il y a quelques années. Ce titre sonne un peu comme la rencontre idéale du Love de Arthur Lee avec les synthés barrés et groovy de Money Mark, juste un des plus beaux morceaux de l’histoire de la musique du XXe siècle. L’album est tout aussi excitant, marqué par la fin de l’illusion flower-power, l’influence d’un garage rock revigorant et surtout, un songwriting bouleversant, de son Inner City Blues qui ne doit rien à Marvin au lacrymal Rich Folks Hoax.  Rodriguez est culte en Afrique du Sud mais c’est une autre histoire qu’on vous racontera dans pas très longtemps.

 Rodriguez - Sugar Man

Rodriguez - Sugar Man (live en 2007)

Au sommaire de Volume # 2

 

 

Musique industrielle et non industrialisée

juin 10th, 2008 dans par Pascal B. | 9 Commentaire »

Vendredi dernier, Villette Sonique n’avait peut-être jamais aussi bien porté son nom. Déçu d’avoir loupé les passages de Clipse et Dizzee Rascal pour des raisons très indépendantes de ma volonté, il fallait bien un mythe pour rattraper l’affaire. Après le concert éprouvant de Pan Sonic (que j’adore par ailleurs mais chez moi au casque), les pionniers Throbbing Gristle ont joué leur musique industrielle comme au temps où la musique n’était pas industrialisée. Aucune nostalgie là-dedans, Throbbing Gristle est le seul groupe capable de vriller les années au même titre que les tympans. Leur album The Second Annual Report souffle ses trente bougies en 2008 et avait fait l’objet d’une réédition l’an dernier. Entre collages avant-gardistes, grésillements électroniques et balades envahies de drones, un disque parmi une discographie qui ne s’est pas contenté de juste changer la face du monde : elle est un nouveau monde.

Le lendemain, les merveilleux Chromatics offraient une étrange prestation fluette à la hauteur de leur disco neurasthénique. De jour, en plein air, avec la pluie qui tombait et une voix parfois joliment fausse. Avec en guise d’adieu leur impeccable reprise de Running Up That Hill de Kate Bush.


Dimanche : soleil et hip-hop avec l’Américain Sage Francis, déjà admirable il y a des années à la Guinguette Pirate. Il pourrait remplir les poches de son pantalon de treillis de dollars si seulement l’envie lui en prenait. Mais il s’en fout, l’homme voyage toujours aussi seul, avec simplement des bandes et un micro. Un coeur énorme, des poches qui le sont tout autant. D’ailleurs il y a mis tout le public du parc de la Villette.


Quelques heures plus tard, c’est à la Cigale qu’il a fallu foncer pour se délecter de Hercules & Love Affair, projet disco house new-yorkais joliment hébergé par le label DFA et parfaite réponse festive à la douce mélancolie de leurs compatriotes de Chromatics. Nous sommes au chaud, il fait nuit, et la pluie a cessé de mouiller les trottoirs de Paris.



Trop de couleurs… et Lenoir

juin 6th, 2008 dans par Christophe C. | 10 Commentaire »

Je lis les premiers commentaires et dans l’ensemble, c’est plutôt encourageant. Merci à vous. Mais comme on dit à la CGT corrigée par les Marx Brothers (à moins que ce ne soit les Charlots) : ”ce n’est qu’un combat, continuons le début !” Evidemment, on attendait l’inévitable  ”Trop de couleurs distrait le spectateur” du grand Jacques T., un slogan qui nous colle aux basques depuis maintenant dix-huit ans - date du passage des Inrocks en hebdo - et que j’ai entendu comme mes collègues des milliers de fois de la part de lecteurs, révolus ou non, qui nous reprochent ce goût immodéré pour la débauche chromatique.

Personnellement, à égalité avec Mon Oncle, mon film fétiche reste  Les Demoiselles de Rochefort, d’un autre grand Jacques, Demy, qui trouvait quant à lui que la couleur distrayait le spectateur dans le bon sens du terme. Du coup, il en mettait partout, de la couleur. Même sur les bouches d’incendie, les parapluies, sur les chevaux de Peau d’âne, et ça ne l’empêchait pas pour autant d’être profond, subtil et élégant. Et puis parfois il faisait un beau film en noir et blanc, La Baie des anges ou Model Shop, et c’était grand aussi. Moi, j’aime autant Mojo que The Wire, Sgt Pepper et Songs from a room, Discorama et Top of the Pops, la musique noire et la musique en couleurs, Lenoir et Africolor. Tiens, justement, Lenoir. J’étais vraiment heureux d’aller chez lui faire la promo de Volume jeudi. Je n’y étais pas allé depuis… Depuis quand ? Je ne sais pas, je sais juste qu’à l’époque il habitait dans la grande maison ronde et que Jean-Louis Murat faisait encore de bons disques, donc ça remonte à loin. Lenoir, lui, ne change pas, égal à lui même, et son accueil chaleureux du nouveau bébé de la famille Inrocks fait vraiment plaisir, celui de ses auditeurs également. Bon, y’en a forcément un qui s’est cru obligé de dire que, oui ma bonne dame, “Trop de couleurs distrait le spectateur”, mais à part ça c’était chouette.

Histoire de boucles

juin 6th, 2008 dans par Pascal B. | 4 Commentaire »

Martin Rev, à moitié Suicidé

Hier soir, au festival Villette Sonique, Martin Rev seul avec ses machines. Triste réalité mathématique et artistique, il est la moitié du mythique duo Suicide et sa musique ne sonne que comme une moitié de Suicide, ce qui vaut déjà mieux que quelques-unes des aberrations electro et techno qui se sont revendiquées d’eux depuis leur lointain âge d’or. Il a des lunettes infâmes, ses synthés sont sales et tournent dans des boucles pour le moins limitées mais on s’en fout, ce type est un mythe qui mériterait un nouveau mensuel à lui seul.

Après lui, le duo electro-kraut-Carpenter parisien Zombie Zombie. Etienne et Neman ont opté pour un concert moins physique qu’à l’accoutumée. Ils dédieront à Martin Rev une reprise du “Nightclubbing” de l’Iguane jouée en version… Suicide. “Les ZZ sont au top” me dit ma voisine qui prépare sûrement un one-woman show. “Bouclée est la boucle” sera ma conclusion.

ZZ fan de Suicide

Volume à fond

juin 5th, 2008 dans par Pascal B. | 22 Commentaire »

 

Ça y est, Volume est en kiosque. Beaucoup de sueur, de mains crispées sur des souris, d’éboulements de piles de disques, d’énervement contre le service après vente de l’imprimante et de jus de cerveau pour parvenir à l’équilibre voulu entre hier, aujourd’hui et demain, entre les coups de cœur et les coups de folie de la musique qui nous fait vibrer.

Mardi soir, un concert à la Villette et on se retrouve sur scène face aux quinquas fringants de Devo, face à un groupe de plus de trente ans d’âge qui résume mieux que quiconque les motivations qui nous ont poussés à créer Volume. Devo, mes enfants ne les connaissent pas et à la fois en écoutant Metronomy ou Hot Chip, ils y retrouveraient un peu de ces Mongoloids qui, même avec quelques crans de ceinture en plus à leurs combinaisons de pompistes de l’espace, ont fait avancer la musique et quelque part, la société.

 

 

Devo est là, Volume est là, Radiohead est en une du premier Volume. Dans les prochains numéros, on réunira toutes nos forces pour écrire sur Devo mais aussi sur les prochains Devo de 2010 qui inventeront autre chose que les pots de fleurs rouges pour couvrir leurs têtes. D’ici là, il faudra impérativement aller voir Throbbing Gristle et les Chromatics, Villalobos et Shellac mais aussi Etienne Daho et Poni Hoax, Adele et Beck, Lupe Fiasco et The Emperor Machine. Et se pencher sérieusement sur le numéro 2.

 

Au sommaire du premier numéro :