juin 6th, 2008 dans par Christophe C. | 10 Commentaire »
Je lis les premiers commentaires et dans l’ensemble, c’est plutôt encourageant. Merci à vous. Mais comme on dit à la CGT corrigée par les Marx Brothers (à moins que ce ne soit les Charlots) : ”ce n’est qu’un combat, continuons le début !” Evidemment, on attendait l’inévitable ”Trop de couleurs distrait le spectateur” du grand Jacques T., un slogan qui nous colle aux basques depuis maintenant dix-huit ans - date du passage des Inrocks en hebdo - et que j’ai entendu comme mes collègues des milliers de fois de la part de lecteurs, révolus ou non, qui nous reprochent ce goût immodéré pour la débauche chromatique.

Personnellement, à égalité avec Mon Oncle, mon film fétiche reste Les Demoiselles de Rochefort, d’un autre grand Jacques, Demy, qui trouvait quant à lui que la couleur distrayait le spectateur dans le bon sens du terme. Du coup, il en mettait partout, de la couleur. Même sur les bouches d’incendie, les parapluies, sur les chevaux de Peau d’âne, et ça ne l’empêchait pas pour autant d’être profond, subtil et élégant. Et puis parfois il faisait un beau film en noir et blanc, La Baie des anges ou Model Shop, et c’était grand aussi. Moi, j’aime autant Mojo que The Wire, Sgt Pepper et Songs from a room, Discorama et Top of the Pops, la musique noire et la musique en couleurs, Lenoir et Africolor. Tiens, justement, Lenoir. J’étais vraiment heureux d’aller chez lui faire la promo de Volume jeudi. Je n’y étais pas allé depuis… Depuis quand ? Je ne sais pas, je sais juste qu’à l’époque il habitait dans la grande maison ronde et que Jean-Louis Murat faisait encore de bons disques, donc ça remonte à loin. Lenoir, lui, ne change pas, égal à lui même, et son accueil chaleureux du nouveau bébé de la famille Inrocks fait vraiment plaisir, celui de ses auditeurs également. Bon, y’en a forcément un qui s’est cru obligé de dire que, oui ma bonne dame, “Trop de couleurs distrait le spectateur”, mais à part ça c’était chouette.